En bref : un déficit calorique, c’est manger moins d’énergie que ton corps n’en dépense. Le NHS, le service de santé britannique, propose de manger environ 600 kcal de moins par jour qu’actuellement et de viser une perte de 0,5 à 1 kg par semaine. Pars d’une estimation de tes besoins de maintien, juge tes progrès sur ta moyenne de poids hebdomadaire plutôt que sur une seule pesée, et attends-toi à ce que la perte ralentisse à mesure que tu t’allèges. C’est normal, pas un échec.
Presque toutes les méthodes pour perdre du poids – moins de glucides, moins de gras, des portions plus petites, moins de repas – reposent sur le même mécanisme : elles t’aident à consommer moins d’énergie que tu n’en dépenses. Le NICE, l’organisme anglais de recommandations en santé, ajoute que la méthode doit convenir à tes goûts, à ta culture et à ta situation. Le plus difficile, c’est de choisir un déficit raisonnable, de mesurer tes progrès sans te laisser tromper par l’eau, et de savoir quoi changer quand la balance ne bouge plus.
Si tu es enceinte ou si tu allaites, si tu as moins de 18 ans, si tu vis avec un diabète ou une autre maladie, si tu prends un traitement régulier ou si tu as des antécédents de troubles du comportement alimentaire, parles-en à ton médecin ou à un diététicien avant de réduire tes calories.
Qu’est-ce qu’un déficit calorique ?
Ton corps dépense de l’énergie toute la journée : pour faire fonctionner tes organes, digérer et bouger. Quand tu manges et bois moins que cela, l’écart – le déficit – est couvert par l’énergie stockée, surtout la graisse corporelle, avec un peu de tissu maigre. Si tu manges plus, le surplus est stocké. Si tu manges à peu près autant, ton poids reste globalement stable : ce niveau correspond à tes apports de maintien.
Comment estimer tes besoins caloriques de maintien
Tu ne peux pas mesurer directement tes besoins de maintien chez toi, alors tu les estimes deux fois : d’abord avec un calculateur, puis avec tes propres données.
Étape 1 : partir d’un calculateur
Les moyennes de population ne donnent qu’un ordre d’idée : le NHS retient environ 2 000 kcal par jour pour les femmes et 2 500 kcal pour les hommes. Un calculateur personnalisé fait mieux. Le Body Weight Planner gratuit des National Institutes of Health américains (en anglais) utilise ton âge, ton sexe, ta taille, ton poids et ton niveau d’activité ; sois honnête sur ton activité réelle.
Étape 2 : comparer avec la réalité
Note ce que tu manges pendant quelques semaines habituelles, sans faire de régime, et pèse-toi plusieurs matins par semaine. Si ta moyenne de poids hebdomadaire reste stable, ta moyenne d’apports notés est une bonne base de travail pour ton maintien. Si elle monte ou descend, ton vrai maintien est un peu plus bas ou plus haut que ce que tu as noté.
Les deux étapes comportent une marge d’erreur : une analyse publiée en 2011 dans The Lancet rappelle que même les méthodes de laboratoire ne fixent pas les besoins énergétiques quotidiens à mieux qu’environ 5 % près, et le calculateur des NIH souligne que l’on sous-estime souvent ce que l’on mange. Si tu débutes, notre guide pour compter les calories avec précision passe en revue l’huile, les boissons et les sauces, les plus faciles à oublier.
Quel déficit calorique viser ?
Les services de santé recommandent un écart modéré. Le NHS propose de réduire tes apports d’environ 600 kcal par jour et de viser 0,5 à 1 kg de perte par semaine. Les CDC américains notent que les personnes qui perdent du poids progressivement, à raison d’environ 0,5 à 1 kg par semaine, ont plus de chances de ne pas le reprendre que celles qui maigrissent plus vite.
Plus n’est pas mieux. Le NICE indique que les régimes hypocaloriques de 800 à 1 200 kcal par jour ne devraient être utilisés que dans un programme structuré avec un suivi spécialisé à long terme, que les régimes sous 800 kcal relèvent eux aussi de services spécialisés, et qu’aucun des deux n’est une stratégie de long terme. Il déconseille aussi les régimes restrictifs et déséquilibrés, qui selon lui ne fonctionnent pas sur la durée et peuvent être nocifs. En France, l’ANSES a fait le même constat : les régimes amaigrissants suivis sans accompagnement d’un spécialiste présentent des risques pour la santé et favorisent souvent la reprise de poids.
| Étape | Exemple | Remarques |
|---|---|---|
| Maintien estimé | 2 300 kcal par jour | Estimation du calculateur, vérifiée sur quelques semaines de saisies |
| Déficit | 600 kcal par jour | Conforme à la proposition du NHS |
| Objectif quotidien | 1 700 kcal | 2 300 − 600 |
| Budget hebdomadaire (facultatif) | 11 900 kcal | 1 700 × 7 ; permet de manger un peu moins en semaine et plus lors d’un repas du week-end |
| Rythme visé | 0,5–1 kg par semaine | Un repère, pas une promesse ; la perte ralentit à mesure que tu t’allèges |
Pour trouver ces 600 kcal, le NHS conseille de répartir l’effort sur la journée plutôt que de sauter un repas : environ 100 kcal au petit-déjeuner, 200 au déjeuner, 200 au dîner et 100 sur les collations. Concrètement, cela peut être de l’eau au lieu d’une boisson sucrée, une cuillère d’huile mesurée pour une poêlée ou un curry, un morceau de pain au lieu de deux, et un fruit au lieu de chips. Si tu préfères te servir à l’œil, lis notre guide pour estimer les portions sans balance.
Pourquoi la règle « 7 700 kcal = 1 kg » est trop simpliste
On lit souvent qu’un déficit de 3 500 kcal correspond à une livre de poids, soit environ 7 700 kcal par kilo, et qu’en mangeant 500 kcal de moins par jour, on perd donc environ 0,5 kg chaque semaine, indéfiniment. L’analyse du Lancet de 2011 montre pourquoi cette règle promet trop : à mesure que tu perds du poids, ton corps a besoin de moins d’énergie, au repos comme pour déplacer un corps plus léger.
Dans l’exemple de l’article, un homme sédentaire de 100 kg mange durablement environ 480 kcal de moins par jour. La règle simple prédit une perte de 22 kg la première année, et davantage ensuite. Le modèle des chercheurs prédit environ la moitié la première année, avec un poids qui se stabilise autour de 75 kg, environ 95 % du changement ayant lieu en trois ans.
Leur meilleure règle approximative pour un adulte moyen en surpoids : chaque changement durable d’environ 24 kcal (100 kJ) par jour déplace ton poids final d’environ 1 kg. Dit autrement, après avoir perdu 5 kg, le même menu te donne un déficit d’environ 120 kcal par jour plus petit qu’au départ. C’est l’une des raisons pour lesquelles la perte ralentit, et pour lesquelles ton objectif doit suivre ton poids.
L’eau : pourquoi la balance fait le yo-yo
Ton poids d’un matin donné inclut de l’eau, des glucides stockés et des aliments encore dans ton tube digestif. Le glycogène (la réserve de glucides du corps) est stocké avec de l’eau, et les glucides comme le sel influencent la quantité de liquide que tu retiens. Un repas à emporter très salé, un week-end riche en pâtes ou le passage à une alimentation pauvre en glucides peuvent donc faire bouger la balance sans aucun changement de masse grasse.
La solution, c’est le poids tendance. Pèse-toi dans les mêmes conditions – au réveil, après un passage aux toilettes, avant de manger ou de boire – autant de jours que tu le souhaites, et compare des moyennes hebdomadaires plutôt que des jours isolés.
| Jour | Semaine 1 | Semaine 2 |
|---|---|---|
| Lundi | 82,4 kg | 81,9 kg |
| Mardi | 82,9 kg | 82,6 kg |
| Mercredi | 82,1 kg | 81,5 kg |
| Jeudi | 81,8 kg | 81,8 kg |
| Vendredi | 82,6 kg | 82,3 kg |
| Samedi | 82,0 kg | 81,2 kg |
| Dimanche | 81,7 kg | 81,4 kg |
| Moyenne | 82,2 kg | 81,8 kg |
Jour après jour, la semaine 2 pourrait ressembler à une stagnation ; les moyennes montrent une baisse de 0,4 kg. Si te peser tous les jours te stresse, pèse-toi moins souvent ou arrête, et parles-en à un médecin ou à un diététicien : le suivi est un outil, pas un examen.
Pas de perte de poids malgré le déficit ? La liste de contrôle du plateau
Vérifie d’abord qu’il s’agit d’un vrai plateau : ta moyenne hebdomadaire, et non ton poids du jour, est stable depuis plusieurs semaines. Dans les programmes classiques, le poids atteint souvent son point bas après 6 à 8 mois, et les auteurs du Lancet concluent que cela s’explique plus probablement par un relâchement progressif de l’alimentation que par un métabolisme qui bloquerait la perte. Or ce relâchement, tu peux le vérifier :
- Les portions ont grossi. Pèse pendant quelques jours les aliments que tu manges le plus. L’exemple du NHS : un paquet de riz indique 260 kcal pour une portion de 75 g, mais si tu en fais cuire 150 g, tu manges 520 kcal.
- Des extras ne sont plus notés. Alcool, sodas et jus, huile de cuisson et beurre sur le pain, fromage râpé et sauces : tout compte.
- Le week-end efface la semaine. Compare tes saisies du week-end avec celles du lundi au vendredi. Un budget hebdomadaire peut faire de la place pour un repas entre amis sans le cacher.
- Ton objectif n’est plus à jour. Chaque kilo perdu baisse un peu tes besoins. Recalcule ton maintien avec ton poids actuel.
- Tu bouges moins. Si ton nombre de pas a baissé, tu dépenses moins d’énergie qu’au moment où tu as fixé ton objectif.
- L’eau masque la perte de graisse. Une semaine salée ou plus de glucides que d’habitude peuvent maintenir la moyenne un moment.
Si tout est en ordre et que la tendance reste plate, baisse légèrement ton objectif pour l’aligner sur ton nouveau maintien, ou reste au maintien quelques semaines avant de reprendre. Évite de passer brutalement à des apports très bas. Pendant un déficit, garde des apports suffisants en protéines et fais un peu de renforcement musculaire – voir combien de protéines il te faut par jour.
Comment Portiva t’aide
Dans Portiva, tes objectifs de calories et de macros s’adaptent à l’évolution réelle de ton poids et à tes saisies, avec une explication en mots simples pour chaque changement : tu n’as pas à refaire les calculs quand la perte ralentit.
- Les objectifs se mettent à jour chaque semaine avec Plus et chaque mois avec la version gratuite, et tu peux choisir un budget hebdomadaire au lieu d’un budget quotidien.
- Ton poids enregistré dans Apple Santé alimente automatiquement ta tendance.
- Note tes repas par photo, voix, texte ou code-barres. Quand l’huile, une sauce ou la taille de la portion changerait beaucoup les calories, Portiva te pose une question courte au lieu de deviner.
Questions fréquentes
Combien de calories manger par jour pour maigrir ?
Il n’y a pas de chiffre unique. Estime tes besoins de maintien avec un calculateur, vérifie-les sur quelques semaines de saisies et retire une quantité modérée : le NHS propose environ 600 kcal de moins par jour que ce que tu manges actuellement. Le NICE réserve les apports de 800 à 1 200 kcal par jour aux programmes avec un suivi spécialisé, alors ne descends pas aussi bas par toi-même.
Un déficit de 500 calories suffit-il pour perdre du poids ?
Pour beaucoup d’adultes, un écart durable de 500 kcal par jour est un déficit modéré, proche des quelque 600 kcal proposées par le NHS. N’attends simplement pas le « demi-kilo par semaine pour toujours » de la règle des 7 700 kcal : la perte ralentit à mesure que ton corps s’allège, et le même déficit donne des pertes hebdomadaires plus faibles avec le temps. Mets ton objectif à jour quand ton poids change.
Combien de temps dure un plateau de perte de poids ?
Une stagnation d’une semaine environ n’est souvent que de l’eau et des variations normales, que les moyennes hebdomadaires lissent. Si ta moyenne est stable depuis plusieurs semaines, ton déficit est sans doute plus petit que tu ne le penses : portions qui ont grossi, extras non notés ou objectif jamais mis à jour depuis ta perte de poids. Vérifie ces points d’abord, puis ajuste ton objectif.
Manger trop peu met-il le corps en « mode famine » ?
Tes besoins énergétiques baissent bien quand tu perds du poids, si bien que les mêmes apports donnent un déficit plus petit avec le temps. Cela ralentit les progrès peu à peu, mais un vrai déficit ne cesse pas de fonctionner du jour au lendemain. Les régimes très agressifs posent d’autres problèmes : le NICE déconseille les régimes restrictifs et déséquilibrés, qui ne fonctionnent pas à long terme et peuvent être nocifs, et l’ANSES met en garde contre la reprise de poids qu’ils favorisent.
Pourquoi mon poids a-t-il augmenté alors que je suis en déficit ?
Ton poids du jour inclut de l’eau, des glucides stockés et des aliments en cours de digestion : un repas salé ou un gros dîner tardif peuvent faire monter la balance pendant quelques jours sans le moindre gain de graisse. Compare des moyennes hebdomadaires au lieu de réagir à une seule pesée, et laisse quelques semaines à un nouveau plan.
Sources
- Calories and weight loss, NHS Better Health.
- Overweight and obesity in adults, NHS (2026).
- Overweight and obesity management (NG246): physical activity and diet, NICE (2025).
- Body Weight Planner, National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases (NIH).
- Quantification of the effect of energy imbalance on bodyweight, Hall KD et al., The Lancet (2011).
- Steps for Losing Weight, Centers for Disease Control and Prevention.
- Régimes amaigrissants : des pratiques à risque, Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) (2010).